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Euro Numérique : Phase de Préparation Avancée

Euro Numérique : Phase de Préparation Avancée — analyse et perspectives.

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Euro Numérique : Phase de Préparation Avancée

Mis à jour mars 2026

L’euro numérique retail entre en phase de préparation technique. Premier draft du rulebook janvier 2024, 2 000 commentaires, draft révisé juin 2025. Première émission potentielle 2029. Coût estimé 1,3 milliard EUR.

L’Euro Numérique : Phase de Préparation

La Banque Centrale Européenne (BCE) a lancé en novembre 2023 la phase de préparation de l’euro numérique retail, un projet qui pourrait transformer les paiements dans la zone euro. Cette phase, d’une durée initiale de deux ans, vise à finaliser les spécifications techniques, sélectionner les fournisseurs d’infrastructure et préparer le cadre législatif nécessaire à une première émission potentielle en 2029. La Banque de France participe activement à ces travaux en tant que membre du Conseil des gouverneurs de la BCE.

L’euro numérique retail serait une monnaie numérique de banque centrale (CBDC) accessible aux citoyens et aux entreprises de la zone euro, complémentaire aux espèces et aux moyens de paiement existants. Contrairement aux stablecoins privés comme l’EURCV de SG-FORGE (452 millions de dollars de capitalisation), l’euro numérique serait émis et garanti par la BCE, offrant le même niveau de sécurité que les billets de banque.

Architecture et Fonctionnement

L’architecture envisagée pour l’euro numérique repose sur un modèle à deux niveaux. La BCE émet et contrôle la monnaie numérique, tandis que les intermédiaires financiers — banques commerciales et prestataires de services de paiement — assurent la distribution auprès des utilisateurs finaux. Ce modèle préserve le rôle des banques dans l’intermédiation financière tout en offrant les avantages d’une monnaie numérique de banque centrale.

Les plafonds de détention, probablement fixés autour de 3 000 euros par personne, visent à limiter le risque de désintermédiation bancaire — le transfert massif de dépôts bancaires vers l’euro numérique qui pourrait déstabiliser le système financier. Les paiements seraient possibles en ligne et hors ligne, offrant une fonctionnalité similaire aux espèces pour les transactions de proximité, même sans connexion internet.

Le Volet Wholesale : CBDC et DL3S

Parallèlement à l’euro numérique retail, la Banque de France a développé des solutions de CBDC wholesale pour le règlement d’instruments financiers entre institutions. La plateforme DL3S (Distributed Ledger for Securities Settlement System) a été testée lors des essais DLT de l’Eurosystème 2024, avec 19 essais impliquant 40 entités de 9 juridictions. La version wholesale de la CBDC sera disponible d’ici fin 2026, bien avant l’euro numérique retail.

Les transactions réalisées lors des essais de 2024 ont démontré la maturité de cette infrastructure : Digitally Native Note de 100 millions d’euros de la Caisse des Dépôts, obligation numérique de 100 millions d’euros de BNP Paribas, première obligation souveraine numérique de la zone euro par la Slovénie. La CBDC wholesale constitue la couche de règlement fondamentale pour les marchés de capitaux tokenisés.

Le Cadre Législatif Européen

Le cadre législatif de l’euro numérique fait l’objet d’une proposition de règlement de la Commission européenne présentée en juin 2023. Ce texte établit les principes du cours légal de l’euro numérique, les plafonds de détention, la protection de la vie privée des utilisateurs, l’accès universel pour tous les citoyens de la zone euro, et les modalités de distribution par les intermédiaires financiers. Le Parlement européen et le Conseil de l’UE doivent approuver ce texte avant que la BCE puisse procéder à l’émission.

Le règlement MiCA (UE 2023/1114) et le règlement TFR (Transfer of Funds Regulation) complètent le cadre réglementaire des paiements numériques en Europe. L’ESMA et l’EBA supervisent respectivement les crypto-actifs et les e-money tokens, tandis que la BCE conserve la compétence exclusive sur l’émission de monnaie de banque centrale.

Implications pour l’Écosystème Français

L’euro numérique aura des implications profondes pour l’écosystème français des actifs numériques. Les plus de 100 PSAN enregistrés auprès de l’AMF devront adapter leurs services pour intégrer l’euro numérique comme moyen de paiement et de règlement. Les gestionnaires d’actifs comme Amundi et BNP Paribas Asset Management pourront utiliser l’euro numérique pour le règlement de transactions sur parts de fonds tokenisés.

La France, avec son marché obligataire de 5 600 milliards d’euros et ses expérimentations CBDC avancées, est bien positionnée pour être l’un des premiers pays à tirer parti de l’euro numérique. Le projet Appia explore un European Shared Ledger intégrant wCBDC, monnaie commerciale tokenisée et instruments financiers tokenisés, créant un écosystème financier numérique intégré. La coexistence de l’euro numérique, des stablecoins conformes MiCA et des CBDC wholesale créera un paysage de paiements numériques diversifié et compétitif.

L’ACPR et la Banque de France supervisent l’intégration de l’euro numérique dans le système financier français, en coordination avec la BCE et les autres banques centrales de l’Eurosystème.


Pour approfondir, consultez nos articles sur la Banque de France, l’infrastructure CBDC et le règlement MiCA.

Les Défis de la Mise en Oeuvre

La mise en oeuvre de l’euro numérique retail fait face à plusieurs défis. Le risque de désintermédiation bancaire — le transfert massif de dépôts bancaires vers l’euro numérique — nécessite des plafonds de détention soigneusement calibrés. Les questions de protection de la vie privée sont centrales : les citoyens européens s’attendent à un niveau de confidentialité proche de celui des espèces, tandis que les obligations de LCB-FT imposent la traçabilité des transactions au-delà de certains seuils.

L’inclusion financière est un objectif déclaré de l’euro numérique : les citoyens sans compte bancaire devront pouvoir accéder à l’euro numérique. Les paiements hors ligne, fonctionnant sans connexion internet via des dispositifs matériels sécurisés, sont une caractéristique distinctive par rapport aux solutions de paiement numérique existantes. La résilience en cas de panne des systèmes de paiement est un autre avantage de la fonctionnalité hors ligne.

L’interopérabilité avec les systèmes de paiement existants — SEPA, TARGET, systèmes de paiement par carte — doit être assurée pour éviter la fragmentation du paysage des paiements européens. Les commerçants devront adapter leurs terminaux de paiement, et les banques devront intégrer l’euro numérique dans leurs applications mobiles et leurs systèmes de back-office.

Chronologie et Prochaines Étapes

La phase de préparation (2023-2025) couvre la finalisation des spécifications techniques, la sélection des fournisseurs et les tests techniques. La décision d’émission par le Conseil des gouverneurs de la BCE n’interviendra qu’après l’adoption du cadre législatif par le Parlement européen et le Conseil de l’UE. La première émission potentielle est projetée pour 2029, sous réserve de l’adoption du cadre législatif.

En parallèle, la wCBDC wholesale de la Banque de France sera disponible d’ici fin 2026, bien avant l’euro numérique retail. Cette infrastructure de règlement en monnaie de banque centrale pour les marchés de capitaux constitue la priorité opérationnelle immédiate. Le marché obligataire de 5 600 milliards d’euros, les émissions de l’Agence France Trésor (339,9 milliards d’euros en 2024) et les obligations tokenisées de SG-FORGE bénéficieront en premier de cette infrastructure. L’ACPR supervise l’intégration de ces innovations dans le système financier français, en coordination avec la Banque de France et l’AMF.

La Sélection des Fournisseurs et les Appels d’Offres

La BCE a lancé plusieurs appels d’offres pour sélectionner les fournisseurs d’infrastructure technique de l’euro numérique. Les domaines couverts incluent la plateforme centrale de règlement, les composants front-end pour les applications mobiles, les systèmes de paiement hors ligne, et les modules de gestion de la vie privée. Les fournisseurs européens sont privilégiés pour des raisons de souveraineté technologique, bien que la participation d’acteurs internationaux ne soit pas exclue.

Les entreprises françaises spécialisées dans les systèmes de paiement, la sécurité informatique et la blockchain sont des candidates naturelles pour ces appels d’offres. L’écosystème fintech français (1 145 entreprises) et la présence de champions comme Thales (sécurité numérique), Atos (infrastructure IT) et les startups blockchain soutenues par Bpifrance créent un vivier de compétences adapté.

Les tests techniques, conduits pendant la phase de préparation, visent à valider les choix architecturaux et à identifier les optimisations nécessaires avant un éventuel déploiement. Les citoyens de plusieurs pays de la zone euro seront invités à participer à des phases de test utilisateur pour évaluer l’ergonomie et la facilité d’utilisation des applications de l’euro numérique.

L’euro numérique, s’il est déployé, coexistera avec les moyens de paiement existants — espèces, cartes bancaires, virements SEPA — et avec les crypto-actifs et stablecoins réglementés sous MiCA. Cette pluralité d’instruments de paiement offrira aux citoyens et aux entreprises un choix diversifié adapté à leurs besoins.

Les Questions Sociétales

L’euro numérique soulève des questions sociétales qui dépassent le cadre strictement financier. Le débat sur la surveillance financière et la protection de la vie privée est central : certains citoyens craignent qu’un euro numérique émis par la BCE permette un contrôle granulaire de leurs dépenses. Les garanties de confidentialité — anonymat pour les petits paiements, limitation de la traçabilité — sont des éléments déterminants pour l’acceptation publique de l’euro numérique. L’accès universel est un autre enjeu : les personnes âgées, les personnes en situation de handicap et les populations rurales doivent pouvoir utiliser l’euro numérique sans barrière technique. La fonctionnalité de paiement hors ligne est essentielle pour les zones à faible couverture réseau. L’impact environnemental de l’infrastructure de l’euro numérique fait l’objet d’évaluations, la BCE s’engageant à minimiser l’empreinte carbone de la plateforme. Ces questions sociétales influenceront le débat politique au Parlement européen et au Conseil de l’UE sur l’adoption du cadre législatif, et détermineront en dernier ressort l’acceptation de l’euro numérique par les citoyens de la zone euro.

Calendrier Détaillé et Coûts

Le calendrier prévisionnel comprend l’adoption du règlement UE courant 2026, un pilote avec premières transactions mi-2027, et une première émission potentielle en 2029. Le coût total de développement est estimé à 1,3 milliard EUR pour la BCE et les banques centrales nationales. L’investissement des banques de la zone euro pour adapter leurs systèmes est estimé entre 4,0 et 5,8 milliards EUR sur quatre ans. La limite de détention étudiée se situe entre 500 et 3 000 EUR par personne. Aucun frais de transaction ne sera facturé par la BCE. L’euro numérique reposerait exclusivement sur des technologies européennes et offrirait une capacité de paiement hors-ligne. Le draft révisé du rulebook a été publié en juin 2025 après environ 2 000 commentaires uniques reçus sur le premier draft de janvier 2024. La plateforme d’innovation a sélectionné environ 70 acteurs du marché (appel d’octobre 2024) pour des tests techniques de paiements conditionnels (février-mai 2025). La wCBDC wholesale sera disponible fin 2026 pour les établissements bancaires.

Pour approfondir : wCBDC wholesale fin 2026 | Euro numérique préparation | Tableau CBDC

L’Enjeu de Souveraineté et l’Autonomie Stratégique Européenne

La Banque de France défend l’euro numérique comme un enjeu de souveraineté et d’autonomie stratégique européenne. Les données sont éloquentes : 69 % des paiements par carte dans la zone euro sont opérés par des schémas de cartes internationaux non-européens (S2 2024), et aucune solution de paiement numérique paneuropéenne indépendante n’existe 25 ans après l’introduction de l’euro. Le déclin des espèces aggrave cette dépendance : en France, les paiements en espèces ne représentent plus que 42 % des transactions en magasin en 2024, contre 68 % en 2016.

L’euro numérique reposerait exclusivement sur des technologies européennes, réduisant la dépendance envers les infrastructures de paiement non-européennes. Cette dimension de souveraineté technologique s’inscrit dans la stratégie plus large de l’UE en matière de finance numérique, incluant le règlement MiCA (harmonisation des règles crypto), le régime pilote DLT (bac à sable pour les infrastructures tokenisées) et le Règlement TFR (traçabilité des transferts de fonds).

L’Ordonnance 2024-936 du 15 octobre 2024, transposant MiCA en droit français, complète ce dispositif. Six agréments CASP MiCA ont été délivrés en France, dont Deblock (premier CASP MiCA français en mai 2025) et CACEIS (agrément ACPR en juin 2025). À l’échelle européenne, 18 licences en Allemagne, 14 aux Pays-Bas et 6 en France structurent progressivement le marché unique des services sur crypto-actifs dans lequel l’euro numérique s’intégrera.

La Supervision Renforcée et la Confiance du Public

La confiance du public dans l’euro numérique dépendra de la crédibilité du cadre de supervision. L’AMF a imposé 29,4 millions EUR de sanctions financières disciplinaires en 2024 — le montant le plus élevé en Europe selon le rapport de l’ESMA. L’ACPR a mené des inspections continues de 66 plateformes dans le cadre de ses contrôles LCB-FT. L’AMF a fermé 181 sites frauduleux en 2024, créé une liste noire dédiée aux crypto-actifs en juin 2024 (plus de 100 entités), et traité plus de 5 000 signalements en 2025. Les pertes totales des victimes de fraude en France atteignent 300 millions EUR, avec une perte moyenne de près de 30 000 EUR par victime.

La loi DDADUE du 9 mars 2023 a renforcé les exigences depuis le 1er janvier 2024 : systèmes informatiques résilients, dispositifs de contrôle interne, ségrégation des actifs clients. La position AMF DOC-2025-02 intègre les lignes directrices de l’ABE pour les mesures restrictives applicables aux CASP. Ces dispositifs de supervision contribuent à assainir l’écosystème des paiements numériques dans lequel l’euro numérique s’inscrira, en éliminant les acteurs frauduleux et en renforçant la confiance des citoyens dans les instruments de paiement numériques.

L’Articulation avec l’Écosystème de Tokenisation Français

L’euro numérique s’articulera avec l’écosystème de tokenisation français en plein développement. L’EURCV de SG-FORGE, stablecoin euro conforme MiCA atteignant 452 millions USD de capitalisation et déployé sur Ethereum, Solana et XRP Ledger, coexistera avec l’euro numérique sur des segments de marché distincts. Le CAST Framework, standard open source pour la conformité AML, facilitera l’intégration de l’euro numérique dans les smart contracts de tokenisation.

Les essais Eurosystème 2024 ont validé la faisabilité de la wCBDC : la DNN de 100 millions EUR de la Caisse des Dépôts, l’obligation souveraine slovène de BNP Paribas, l’obligation de 100 millions EUR avec HSBC et NatWest. Le Canton Network héberge 3 600 milliards USD d’actifs tokenisés. Le protocole so|cash du Crédit Agricole CIB et la plateforme so|bond complètent l’infrastructure.

Le marché obligataire français de 5 600 milliards EUR, premier d’Europe, et le marché actions d’Euronext Paris (CAC 40 à 2 480,8 milliards EUR) constituent les marchés de capitaux que la wCBDC servira en premier lieu dès fin 2026. Le patrimoine immobilier de 26 000 milliards USD et les 780 000 transactions immobilières en 2024 offrent un potentiel à plus long terme. L’écosystème fintech français (1 145 entreprises, 14 licornes) et Bpifrance (45 % du financement Web3 early-stage en 2023) soutiennent le développement des solutions technologiques nécessaires. L’adoption des crypto-actifs par 10 % des Français en 2024, avec 33 % prévoyant d’en acquérir en 2025, confirme la maturité du public français pour les instruments de paiement numériques. La Paris Blockchain Week (10 000 participants en 2025) et le positionnement de la France comme deuxième marché fintech européen renforcent cette dynamique.

Pour approfondir : EURCV croissance 452M | Essais Eurosystème 2024 | Adoption crypto France 10%

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