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Web3 Europe : 2,1 Milliards EUR Levés en 2024

Web3 Europe : 2,1 Milliards EUR Levés en 2024 — analyse et perspectives.

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Web3 Europe : 2,1 Milliards EUR Levés en 2024

Mis à jour mars 2026

Le financement Web3 en Europe a totalisé 2,1 milliards EUR en 2024 soit 21 pour cent du mondial. T1 2025 : 4,8 milliards USD mondialement, meilleur trimestre depuis 2022. 68 pour cent des investisseurs Web3 européens sont non-européens.

L’Investissement Web3 en Europe : 2,1 Milliards d’Euros en 2024

L’écosystème Web3 européen a attiré 2,1 milliards d’euros d’investissements en 2024, confirmant la dynamique de structuration du secteur malgré les turbulences du marché des crypto-actifs. Ces investissements couvrent l’ensemble de la chaîne de valeur Web3 : infrastructures blockchain, protocoles de DeFi, solutions de tokenisation d’actifs réels (RWA), plateformes d’échange, services de conservation, et outils de conformité réglementaire.

La France occupe une position de premier plan dans cet écosystème européen, avec 1 145 entreprises fintech recensées, 14 licornes et 54 000 emplois. Le financement du secteur fintech français a atteint 1,3 milliard d’euros en 2024, avec un ticket moyen quasi doublé à 12,6 millions d’euros. Bpifrance, la banque publique d’investissement, a financé 45 % du financement early-stage Web3 en 2023, un engagement sans équivalent en Europe.

La Répartition Géographique

La répartition géographique des investissements Web3 en Europe reflète les dynamiques propres à chaque écosystème national. La France, le Royaume-Uni, l’Allemagne et la Suisse concentrent la majorité des flux. Le Royaume-Uni, malgré le Brexit, reste un hub majeur grâce à la profondeur de son marché financier et à la flexibilité de son cadre réglementaire. L’Allemagne bénéficie de la présence de Deutsche Börse et de banques comme Commerzbank qui explorent la tokenisation. La Suisse, avec sa « Crypto Valley » de Zoug et sa DLT-Gesetz de 2021, attire les projets recherchant un cadre réglementaire favorable.

La France se distingue par la combinaison unique d’un cadre réglementaire clair (Loi PACTE, MiCA), d’institutions financières pionnières (SG-FORGE, BNP Paribas, Crédit Agricole) et d’un soutien public via Bpifrance. Cette combinaison crée un environnement favorable à la croissance des startups Web3.

Les Segments d’Investissement

Les investissements Web3 en Europe se concentrent sur plusieurs segments stratégiques. L’infrastructure blockchain — solutions de scalabilité, couches secondaires (Layer 2), protocoles d’interopérabilité — absorbe une part significative des fonds. La tokenisation d’actifs réels (RWA) connaît une croissance rapide, portée par les expérimentations institutionnelles et l’émergence de plateformes comme AssetFoundry (BNP Paribas) et so|bond (Crédit Agricole).

Les solutions de conformité réglementaire (RegTech) adaptées au secteur crypto constituent un segment en expansion sous l’effet de MiCA. Les prestataires de KYC/AML on-chain, les outils d’analyse blockchain (blockchain analytics) et les solutions de reporting réglementaire répondent aux besoins croissants des CASP (Crypto-Asset Service Providers) agréés. Les PSAN français transitionnant vers le statut CASP représentent un marché captif pour ces solutions.

L’Impact de MiCA sur l’Investissement

Le règlement MiCA a eu un impact ambivalent sur l’investissement Web3 en Europe. D’un côté, la clarté réglementaire a attiré des investisseurs institutionnels qui hésitaient à investir dans un secteur non réglementé. De l’autre, les coûts de conformité (estimés entre 50 000 et 150 000 euros par CASP) ont augmenté les besoins en financement des startups, absorbant une partie des capitaux disponibles.

L’AMF en France, le BaFin en Allemagne, la CBI en Irlande et d’autres autorités nationales délivrent les agréments CASP selon des calendriers variés, créant des dynamiques d’attractivité différenciées. L’ESMA harmonise la supervision au niveau européen, et le passeport CASP permet aux prestataires agréés d’opérer dans l’ensemble de l’UE.

Les Institutions Financières comme Investisseurs

Les institutions financières européennes sont devenues des investisseurs actifs dans l’écosystème Web3. Le Crédit Agricole a investi dans Kriptown (plateforme LISE). CACEIS a obtenu son agrément MiCA en juin 2025. SG-FORGE a développé l’EURCV (452 millions de dollars de capitalisation). BNP Paribas a arrangé des obligations numériques de 100 millions d’euros. Ces investissements et initiatives démontrent que les institutions financières traditionnelles considèrent le Web3 comme un vecteur de transformation de leurs activités.

La Banque de France, via ses expérimentations CBDC et le projet Appia, contribue à créer l’infrastructure publique qui soutiendra le développement du Web3 en Europe. La wCBDC wholesale, disponible d’ici fin 2026, offrira un instrument de règlement souverain pour les transactions sur actifs numériques.

Perspectives

L’investissement Web3 en Europe devrait continuer à croître sous l’effet de plusieurs catalyseurs : le déploiement de MiCA dans l’ensemble de l’UE, la disponibilité de la wCBDC, l’élargissement potentiel des seuils du régime pilote DLT après l’évaluation de l’ESMA en 2026, et l’adoption croissante des crypto-actifs par le grand public (10 % des Français en 2024, 33 % d’intéressés en 2025). Le marché français, avec son marché obligataire de 5 600 milliards d’euros et son patrimoine immobilier de 26 000 milliards de dollars, offre un potentiel de tokenisation considérable pour les entreprises Web3 européennes.


Pour approfondir, consultez nos articles sur l’écosystème fintech, le cadre réglementaire MiCA et les startups Web3.

Les Tendances d’Investissement

Plusieurs tendances structurantes caractérisent l’investissement Web3 en Europe en 2024. La consolidation du secteur a vu des fusions et acquisitions entre plateformes d’échange, conservateurs et fournisseurs de services. Les tours de financement se sont concentrés sur des entreprises plus matures, avec des valorisations en hausse pour les acteurs réglementés.

L’émergence de la « TradFi-DeFi convergence » — la convergence entre la finance traditionnelle et la finance décentralisée — a attiré des investissements significatifs. Les solutions de tokenisation d’actifs réels (RWA), les protocoles de DeFi institutionnelle et les plateformes de prêt intégrant des garanties tokenisées représentent des cas d’usage qui intéressent à la fois les investisseurs venture capital et les institutions financières traditionnelles.

Les investissements dans l’infrastructure de conservation sécurisée ont augmenté, portés par les exigences de MiCA en matière de ségrégation des actifs et de protection des clients. Ledger, licorne française spécialisée dans les portefeuilles matériels, a étendu ses activités à la conservation institutionnelle (Ledger Enterprise), ciblant les banques et les gestionnaires d’actifs qui doivent se conformer à MiCA.

Les Perspectives pour 2025-2026

Les perspectives d’investissement Web3 en Europe pour 2025-2026 sont portées par plusieurs catalyseurs. Le déploiement de la wCBDC wholesale par la Banque de France d’ici fin 2026 créera une infrastructure de règlement souveraine pour les transactions sur actifs numériques. L’évaluation du régime pilote DLT par l’ESMA en 2026 pourrait conduire à un élargissement des seuils, ouvrant de nouveaux marchés.

La fin de la période transitoire PSAN-CASP le 1er juillet 2026 consolidera le marché autour des acteurs agréés, réduisant les risques pour les investisseurs. Le projet Agorá (7 banques centrales, 41 firmes privées) testera les règlements transfrontaliers multi-devises, créant des opportunités pour les entreprises développant des solutions d’interopérabilité.

L’AMF et l’ACPR continuent d’adapter leur supervision au rythme de l’innovation, assurant que la croissance de l’écosystème Web3 s’effectue dans un cadre protecteur pour les investisseurs. SG-FORGE, BNP Paribas, Crédit Agricole et CACEIS démontrent que les institutions financières traditionnelles sont des acteurs majeurs de l’investissement Web3, aux côtés des startups et des fonds spécialisés.

L’Émergence des Hubs Web3 Européens

L’émergence de hubs Web3 en Europe reflète les dynamiques de concentration géographique propres aux écosystèmes d’innovation. Paris, avec la PBW (plus de 10 000 participants en 2025), Station F et un cadre réglementaire pionnier, s’est imposé comme le hub continental de référence. Berlin attire les projets décentralisés avec une communauté de développeurs ouverte et une scène culturelle dynamique. Zurich et Zoug capitalisent sur la « Crypto Valley » et le cadre réglementaire suisse.

Lisbonne a émergé comme un hub attractif grâce à son régime fiscal favorable pour les résidents non habituels et la présence d’événements comme WebSummit. Dublin bénéficie de son statut de siège européen pour les grandes plateformes technologiques. Amsterdam tire parti de l’expertise des Pays-Bas en matière de systèmes de paiement et de la présence d’Euronext.

La compétition entre ces hubs bénéficie à l’écosystème Web3 européen dans son ensemble, en créant une émulation qui pousse chaque juridiction à améliorer son environnement réglementaire, fiscal et business. Le passeport CASP MiCA facilite la mobilité des entreprises Web3 entre ces hubs, permettant aux startups de s’établir dans la juridiction la plus adaptée à leur modèle d’affaires tout en opérant dans l’ensemble du marché unique.

La France, avec son marché financier de premier plan (marché obligataire de 5 600 milliards d’euros, Euronext Paris de plus de 3 000 milliards d’euros), ses institutions financières pionnières et le soutien de Bpifrance, se distingue par la profondeur de son écosystème et la maturité de son cadre réglementaire.

L’Investissement Responsable et le Web3

L’investissement responsable dans le Web3 prend une importance croissante en Europe. Les critères ESG (Environnement, Social, Gouvernance) sont de plus en plus intégrés dans les décisions d’investissement Web3, les investisseurs évaluant l’empreinte environnementale des blockchains utilisées, la gouvernance des protocoles décentralisés et l’impact social des applications développées. La plateforme so|bond du Crédit Agricole, avec son protocole PoCR intégrant des critères climatiques dans le consensus blockchain, illustre cette convergence entre Web3 et investissement responsable. Les obligations vertes tokenisées de SG-FORGE et BNP Paribas (données ESG on-chain) démontrent que la tokenisation peut renforcer la transparence et la crédibilité des investissements durables. L’EU Taxonomy et la SFDR (Sustainable Finance Disclosure Regulation) imposent des obligations de reporting ESG aux gestionnaires d’actifs, créant une demande pour des solutions Web3 de transparence et de traçabilité. L’écosystème français, avec son leadership en finance durable et en tokenisation, est naturellement positionné pour développer des solutions Web3 responsables qui répondent aux attentes croissantes des investisseurs européens en matière de durabilité.

Données Complémentaires de Financement Web3

Le financement Web3 mondial a connu une forte volatilité : 26 milliards USD en 2022, 6,9 milliards USD en 2023 (baisse de plus de 70 %), 5,4 milliards USD sur 9 mois en 2024, puis une remontée à 4,8 milliards USD au T1 2025 — meilleur trimestre depuis fin 2022 et 60 % du total annuel 2024. En Europe, 32 % des investissements proviennent d’investisseurs européens et 68 % d’investisseurs extérieurs — un enjeu de souveraineté car aux États-Unis, 73 % des fonds proviennent d’investisseurs domestiques. La répartition des startups Web3 françaises : fintech/DeFi (29 %), infrastructure/protocoles (27 %), NFT (12 %), gaming (10 %), autres (22 %). Le financement VC blockchain cumulé en France depuis 2017 totalise 1,3 milliard EUR sur environ 120 tours de table. 58 % des startups blockchain françaises ayant levé des fonds ont un investisseur français. Bpifrance a financé 45 % du Web3 early-stage en 2023 via son fonds Web3 dédié. Le défi principal reste la présence limitée des investisseurs français aux stades avancés.

Pour approfondir : Bpifrance Web3 financement | Fintech France 1145 entreprises | Tableau fintech ecosystem

Les Acteurs Français du Web3 : Cartographie Sectorielle

L’écosystème Web3 français se structure autour de plusieurs segments stratégiques. En infrastructure et sécurité, Ledger — leader mondial des portefeuilles matériels crypto, PSAN enregistré et basé à Paris — et Kiln se distinguent. En DeFi, Morpho Labs, Aplo, Flowdesk et CrunchDAO développent des protocoles financiers décentralisés. Kaiko fournit des données et analytics de marché crypto de référence. Parmi les exchanges et services, Coinhouse (premier PSAN enregistré, E2020-001, mars 2020), Paymium (pionnier français du Bitcoin fondé en 2011) et StackinSat (épargne Bitcoin par DCA) offrent des services réglementés aux investisseurs français.

Le segment de la tokenisation d’actifs réels (RWA) connaît une croissance particulière. Spiko, en partenariat avec CACEIS et Twenty First Capital, a réalisé la première conservation européenne d’un fonds UCITS monétaire sur Ethereum public. Kriptown développe la plateforme Lise, une bourse tokenisée pour PME-ETI sous le régime pilote DLT, soutenue par le Crédit Agricole. Sorare, dans le segment NFT/gaming, demeure l’un des acteurs les plus visibles de l’écosystème Web3 français.

Paris Blockchain Week et les Événements de Référence

Paris s’est imposé comme le hub événementiel Web3 de référence en Europe. La Paris Blockchain Week (PBW) 2025 a réuni plus de 10 000 participants de plus de 100 pays, avec 36 000 réunions de networking. L’édition 2026 a confirmé la participation de speakers de BlackRock, Fidelity, Deutsche Bank, J.P. Morgan, Morgan Stanley, Citi et London Stock Exchange — témoignant de l’intérêt croissant de la finance traditionnelle pour le Web3.

NFT Paris s’est transformé en un événement 4-en-1 incluant RWA Paris (DeFi et tokenisation d’actifs réels), avec plus de 18 000 participants en 2024. Ces événements renforcent la visibilité internationale de l’écosystème français et contribuent à l’éducation du grand public et des investisseurs institutionnels sur les opportunités de la tokenisation. La concentration de ces événements à Paris, combinée à la présence de Station F — le plus grand campus de startups au monde — crée un effet d’entraînement pour l’ensemble de l’écosystème.

L’Enjeu de Souveraineté des Investissements

L’analyse de l’origine des investissements Web3 en Europe révèle un enjeu de souveraineté préoccupant. En Europe, 68 % des investissements dans les startups Web3 proviennent d’investisseurs non européens, tandis qu’aux États-Unis, 73 % des fonds sont d’origine domestique. Cette dépendance aux capitaux extérieurs expose l’écosystème européen à des risques de déplacement stratégique — les startups financées par des investisseurs américains ou asiatiques pourraient être incitées à relocaliser leurs activités.

Bpifrance joue un rôle crucial pour répondre à cet enjeu. La banque publique d’investissement a financé 45 % du Web3 early-stage en France en 2023 via son fonds Web3 dédié. Cette intervention publique compense partiellement le déficit d’investisseurs français aux stades avancés — un défi structurel de l’écosystème français. Le financement VC blockchain cumulé en France depuis 2017 totalise 1,3 milliard d’euros sur environ 120 tours de table, et 58 % des startups blockchain françaises ayant levé des fonds comptent un investisseur français (business angel ou fonds).

Les Avantages Compétitifs de la France

La position de la France dans l’écosystème Web3 européen repose sur plusieurs avantages compétitifs distincts. Le cadre réglementaire, structuré par la Loi PACTE de 2019 et complété par MiCA, offre une clarté qui attire les investisseurs institutionnels. L’écosystème institutionnel est sans équivalent : SG-FORGE a émis des obligations tokenisées sur cinq blockchains depuis 2019, BNP Paribas a développé AssetFoundry et rejoint le Canton Network, le Crédit Agricole déploie so|bond et so|cash, et CACEIS assure la conservation institutionnelle sous agrément MiCA.

L’infrastructure numérique française — couverture fibre optique à 100 %, investissements significatifs en puissance de calcul — soutient le développement technique. Le gouvernement français, via le Secrétaire d’État au numérique, affiche un soutien explicite à l’écosystème blockchain. Les défis persistent néanmoins : la fiscalité des crypto-actifs, l’accès aux services bancaires pour les entreprises crypto, et la gestion du cyber-risque — identifiée comme la barrière principale pour les demandes MiCA — restent des obstacles que l’écosystème doit continuer à résoudre.

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