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Fiscalité des Actifs Numériques en France (Article 150 VH bis)

Guide complet de la fiscalité des actifs numériques en France : Article 150 VH bis, flat tax, déclaration et obligations fiscales.

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Fiscalité des Actifs Numériques en France

Mis à jour mars 2026

Introduction

La fiscalité des actifs numériques en France est encadrée principalement par l’Article 150 VH bis du Code général des impôts, introduit par la Loi PACTE de 2019. Ce régime fiscal, qui s’applique aux plus-values réalisées par les particuliers lors de la cession d’actifs numériques, est l’un des aspects les plus importants pour les 10% de Français qui détiennent des crypto-actifs en 2024, et les 33% qui prévoient d’en acquérir.

La fiscalité des crypto-actifs est identifiée par l’écosystème comme l’un des défis majeurs du marché français. La Paris Blockchain Week et les associations comme l’ADAN plaident régulièrement pour une simplification et une clarification du régime applicable, tant pour les particuliers que pour les professionnels.

Le Régime Fiscal des Particuliers

La Flat Tax à 30%

Depuis la Loi de finances pour 2019, les plus-values sur actifs numériques réalisées par les particuliers dans un cadre non professionnel sont soumises au prélèvement forfaitaire unique (PFU), communément appelé « flat tax », au taux global de 30%. Ce taux se décompose en 12,8% d’impôt sur le revenu et 17,2% de prélèvements sociaux (CSG, CRDS et prélèvement de solidarité).

Le fait générateur de l’imposition est la cession d’actifs numériques, définie comme la conversion en monnaie ayant cours légal (euros) ou l’utilisation d’actifs numériques pour l’acquisition de biens ou de services. En revanche, l’échange entre actifs numériques (par exemple, l’échange de Bitcoin contre Ethereum) ne constitue pas un fait générateur d’imposition depuis 2023, ce qui simplifie considérablement les obligations déclaratives des investisseurs.

Option pour le Barème Progressif

Les contribuables peuvent opter pour l’imposition au barème progressif de l’impôt sur le revenu si cela leur est plus favorable. Cette option est pertinente pour les contribuables dont le taux marginal d’imposition est inférieur à 12,8%. Les prélèvements sociaux de 17,2% restent dus dans tous les cas.

Calcul de la Plus-Value

Le calcul de la plus-value est effectué selon une formule spécifique tenant compte du prix global d’acquisition du portefeuille et de la fraction cédée. La plus-value imposable est égale à la différence entre le prix de cession et le produit du prix total d’acquisition du portefeuille multiplié par le rapport entre le prix de cession et la valeur globale du portefeuille au moment de la cession.

Cette formule de « moyenne pondérée » évite d’avoir à tracer chaque acquisition individuelle (méthode FIFO ou LIFO), mais nécessite néanmoins un suivi rigoureux de l’ensemble des opérations.

Exonération des Cessions Occasionnelles

Un seuil d’exonération s’applique : les plus-values réalisées au cours d’une année civile sont exonérées lorsque le total des cessions n’excède pas 305 euros. Au-delà de ce seuil, l’intégralité des plus-values de l’année est imposable.

Le Régime des Professionnels

Les Activités Professionnelles sur Actifs Numériques

Lorsque l’activité de cession d’actifs numériques est exercée à titre professionnel — c’est-à-dire de manière habituelle et dans des conditions caractérisant une activité professionnelle — les gains sont imposés dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) ou des bénéfices non commerciaux (BNC) selon la nature de l’activité.

Les critères de qualification professionnelle incluent la fréquence des transactions, les montants en jeu, les moyens techniques déployés, et le caractère habituel de l’activité. Le minage de crypto-actifs, lorsqu’il est exercé à titre habituel, relève des BNC.

Les PSAN et la Fiscalité

Les PSAN enregistrés auprès de l’AMF sont des entreprises assujetties à l’impôt sur les sociétés au taux de droit commun (25%). Leur chiffre d’affaires comprend les commissions et frais perçus sur les transactions, les revenus de conservation et les autres services rendus. L’écosystème des PSAN français, avec plus de 100 enregistrements, génère une activité économique significative qui contribue aux recettes fiscales.

Obligations Déclaratives

Déclaration des Comptes d’Actifs Numériques

Depuis 2020, les contribuables domiciliés en France doivent déclarer leurs comptes d’actifs numériques ouverts, détenus, utilisés ou clos à l’étranger. Cette obligation concerne les comptes détenus sur des plateformes étrangères (non établies en France). La non-déclaration expose à une amende de 750 euros par compte non déclaré (1 500 euros si la valeur du compte excède 50 000 euros).

Déclaration des Plus-Values

Les plus-values sur actifs numériques doivent être déclarées à l’aide du formulaire 2086 (annexe de la déclaration de revenus). Le contribuable doit détailler chaque cession : date, nature de l’actif cédé, prix de cession, prix global d’acquisition du portefeuille, valeur globale du portefeuille au moment de la cession, et plus-value ou moins-value réalisée.

Pour les investisseurs actifs qui réalisent de nombreuses transactions, cette obligation de reporting détaillé représente une charge administrative significative. Des outils spécialisés de calcul fiscal crypto se sont développés pour automatiser ce processus.

Le Rôle des PSAN dans le Reporting Fiscal

Les PSAN enregistrés en France sont tenus de fournir à l’administration fiscale des informations sur les transactions réalisées par leurs clients. Cette obligation de reporting automatique facilite le contrôle fiscal et contribue à la lutte contre la fraude. Les PSAN doivent délivrer à leurs clients un récapitulatif annuel des transactions pour faciliter leur déclaration.

Cas Spécifiques

Les Stablecoins

La cession de stablecoins (comme l’EURCV de SG-FORGE ou d’autres stablecoins euro) contre monnaie fiduciaire constitue un fait générateur d’imposition. Cependant, si le stablecoin est échangé contre un autre actif numérique, il n’y a pas d’imposition. La question de la qualification fiscale des intérêts générés par le prêt de stablecoins en DeFi reste un sujet de débat.

La DeFi et le Staking

Les revenus de staking, de yield farming et de fourniture de liquidité dans les protocoles DeFi comme Morpho posent des questions fiscales complexes. L’administration fiscale n’a pas encore publié de doctrine complète sur ces cas. En pratique, les revenus reçus sous forme de tokens supplémentaires ne sont pas imposés au moment de leur réception mais au moment de leur cession contre monnaie fiduciaire.

Les NFT

La cession de NFT est soumise au régime de l’Article 150 VH bis lorsque le NFT est qualifié d’actif numérique. Cependant, certains NFT pourraient être qualifiés d’oeuvres d’art ou de biens meubles, relevant alors d’un régime fiscal différent. La qualification dépend des droits associés au NFT.

La Tokenisation d’Actifs Réels

La tokenisation d’actifs réels (RWA) — obligations, fonds d’investissement, immobilier — pose la question du régime fiscal applicable. Si le token est qualifié d’instrument financier (security token), il relève de la fiscalité des valeurs mobilières. S’il est qualifié d’actif numérique, il relève de l’Article 150 VH bis. La qualification dépend des droits représentés par le token.

Comparaison Européenne

La fiscalité française des crypto-actifs se situe dans la moyenne européenne. Le taux de 30% (flat tax) est compétitif par rapport à l’Allemagne (où les plus-values sont exonérées après un an de détention), au Portugal (qui a introduit une taxation en 2023), et au Royaume-Uni (qui applique les taux de Capital Gains Tax). La Suisse est souvent considérée comme plus favorable pour les investisseurs crypto, avec une exonération des plus-values pour les particuliers dans la plupart des cantons.

Perspectives d’Évolution

La transition vers MiCA et le reporting automatique renforcé par les CASP devraient simplifier les obligations déclaratives. L’échange automatique d’informations fiscales au niveau européen (DAC8) et international (CRS) va accroître la transparence. L’écosystème français plaide pour une simplification du régime, notamment l’extension de l’exonération des échanges crypto-crypto et la clarification du traitement fiscal de la DeFi.

Pour un guide pratique de la déclaration, consultez notre article Comment déclarer ses cryptos aux impôts.

Le Dispositif DAC8 et l’Échange Automatique d’Informations

La directive DAC8 (Directive on Administrative Cooperation), adoptée par le Conseil de l’Union européenne en octobre 2023, introduit un cadre d’échange automatique d’informations fiscales spécifique aux crypto-actifs entre les administrations fiscales des États membres. Ce dispositif, qui entrera pleinement en application en 2026, impose aux prestataires de services sur crypto-actifs — CASP sous MiCA et PSAN en transition — de déclarer les transactions de leurs clients aux autorités fiscales nationales.

En France, la Direction Générale des Finances Publiques (DGFiP) sera destinataire de ces informations, qui seront ensuite échangées avec les administrations fiscales des autres États membres. Ce mécanisme complète le dispositif CRS (Common Reporting Standard) de l’OCDE, déjà applicable aux comptes financiers traditionnels, et ferme ainsi une lacune importante dans le contrôle fiscal des transactions en crypto-actifs. L’AMF et l’ACPR collaborent avec la DGFiP pour assurer la cohérence entre les obligations de reporting fiscal et les exigences de conformité des prestataires.

Fiscalité des Émissions de Tokens et ICO

Le régime fiscal applicable aux émissions de tokens (Initial Coin Offerings) en France diffère selon la qualification juridique du jeton émis. Les jetons utilitaires émis dans le cadre d’une offre au public de jetons visée par l’AMF sont traités fiscalement selon leur substance économique. Si le jeton confère un droit d’accès à un service, les fonds levés peuvent être assimilés à des avances sur prestation et imposés selon les règles des BIC ou de l’IS au fur et à mesure de la prestation du service.

Pour les entreprises françaises actives dans la tokenisation, la fiscalité des revenus générés par les plateformes et les services d’actifs numériques est un enjeu structurant. Les commissions perçues par les PSAN sur les transactions, les revenus de conservation, et les frais de gestion de portefeuille sont soumis à l’impôt sur les sociétés au taux standard de 25 pour cent. Les revenus tirés de l’émission et de la gestion de stablecoins, comme l’EURCV de SG-FORGE dont la capitalisation atteint 452 millions de dollars, relèvent du régime fiscal des établissements de monnaie électronique.

Le Contentieux Fiscal et la Jurisprudence Émergente

Le Conseil d’État et les tribunaux administratifs français commencent à constituer un corpus jurisprudentiel sur la fiscalité des actifs numériques. Les principales questions contentieuses portent sur la qualification de l’activité (occasionnelle versus professionnelle), la détermination du prix d’acquisition global du portefeuille en cas de transactions multiples et complexes, et le traitement fiscal des pertes sur actifs numériques. Le Bulletin officiel des finances publiques (BOFiP) a été enrichi de commentaires administratifs précisant l’interprétation de l’Article 150 VH bis, consultables sur Légifrance. La documentation administrative souligne que la charge de la preuve du caractère occasionnel de l’activité pèse sur le contribuable, ce qui renforce l’importance d’un suivi documenté des opérations sur actifs numériques.

Obligations des Plateformes et Outils de Conformité Fiscale

Les PSAN et CASP opérant en France doivent fournir à leurs clients des récapitulatifs annuels de transactions facilitant la déclaration fiscale. Cette obligation s’inscrit dans le cadre plus large du reporting automatique prévu par DAC8 et contribue à la transparence du marché. Plusieurs startups françaises ont développé des outils spécialisés de calcul fiscal crypto qui automatisent le suivi des opérations et la génération des formulaires déclaratifs, répondant à un besoin concret des investisseurs actifs qui réalisent des centaines de transactions par an. L’AMF recommande aux investisseurs de conserver l’intégralité de l’historique de leurs transactions et de documenter précisément le prix d’acquisition de chaque actif. Les données officielles montrent que 10 pour cent de la population française détient des crypto-actifs et que 33 pour cent prévoient d’en acquérir, rendant la question fiscale pertinente pour un nombre croissant de contribuables. La Banque de France souligne que la clarification du traitement fiscal contribue à la confiance dans l’écosystème et participe à l’attractivité de la France comme place financière pour les actifs numériques, aux côtés du cadre réglementaire instauré par la Loi PACTE et renforcé par MiCA.

La convergence entre la fiscalité, le cadre réglementaire MiCA et les obligations LCB-FT crée un environnement intégré où chaque transaction sur actifs numériques est potentiellement tracée, déclarée et imposée. Cette transparence croissante, facilitée par le reporting automatique des CASP et l’échange international d’informations via DAC8 et CRS, contribue à la maturité du marché français des actifs numériques et renforce la confiance des investisseurs institutionnels dans cet écosystème. Le défi pour les années à venir est de simplifier les obligations déclaratives pour les particuliers tout en maintenant l’efficacité du contrôle fiscal.

Pour des informations détaillées sur la réglementation applicable, consultez le Code général des impôts et les positions publiées par l’AMF.

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