BNP Paribas Securities Services — Profil Tokenisation
BNP Paribas : AssetFoundry, Canton Network 3 600 milliards USD, projet Agorá, fonds tokenisés.
BNP Paribas — Profil Tokenisation et Actifs Numériques
Mis à jour mars 2026
BNP Paribas, première banque européenne par le total de bilan, déploie une stratégie ambitieuse et progressive de tokenisation des actifs financiers. La banque a développé AssetFoundry, sa plateforme propriétaire de tokenisation couvrant la tokenisation, la connectivité réseau et les fonctionnalités wallet, et a rejoint le Canton Network, infrastructure blockchain pour les actifs tokenisés institutionnels hébergeant plus de 3 600 milliards de dollars d’actifs. BNP Paribas a été sélectionnée parmi les 41 firmes privées participant au projet Agorá de la BRI pour la tokenisation des paiements transfrontaliers, et a réalisé des transactions de premier plan lors des essais de l’Eurosystème 2024, incluant le règlement d’obligations numériques en wCBDC et l’accompagnement de la première obligation numérique souveraine de la zone euro.
Vue d’ensemble
BNP Paribas opère dans 63 pays avec plus de 190 000 collaborateurs et constitue l’un des piliers du système bancaire mondial. Sa branche CIB (Corporate & Institutional Banking) est responsable de la stratégie de tokenisation du groupe, sous la direction de Julien Clausse, Head of AssetFoundry (Digital Assets & Tokenisation). BNP Paribas Securities Services assure les services de conservation, d’administration de fonds et d’agent de transfert qui sont essentiels pour l’infrastructure des actifs tokenisés.
La stratégie de BNP Paribas en matière de tokenisation repose sur une approche progressive et incrémentale plutôt que sur des projets « Big Bang ». Les domaines cibles prioritaires sont la distribution primaire, les marchés secondaires, le repo, le collatéral et les paiements de coupons. Le modèle intégré d’actifs numériques couvre toute la chaîne de valeur : origination, distribution et conservation.
Rôle dans la Tokenisation
BNP Paribas occupe un rôle central dans la tokenisation des marchés financiers européens grâce à la profondeur de son offre de services et à la taille de sa base de clients institutionnels. En développant AssetFoundry comme plateforme interne de tokenisation et en rejoignant le Canton Network aux côtés de HSBC, Goldman Sachs, Hong Kong FMI Service et Moody’s Ratings, BNP Paribas construit une infrastructure complète pour l’émission, la distribution et la conservation d’actifs tokenisés.
La participation de BNP Paribas au projet Agorá de la BRI, lancé en avril 2024 avec 7 banques centrales et 41 firmes privées, confirme son statut d’acteur de premier plan dans la modernisation des paiements transfrontaliers par la tokenisation. L’investissement de BNP Paribas dans le tour de financement de 135 millions de dollars de Digital Asset (créateur du Canton Network et du langage Daml) témoigne de son engagement stratégique dans l’infrastructure de tokenisation.
Projets et Initiatives
AssetFoundry — Plateforme de Tokenisation
AssetFoundry est la plateforme propriétaire de BNP Paribas CIB pour la tokenisation d’actifs. Elle intègre des fonctionnalités de tokenisation, de connectivité réseau et de wallet, permettant l’émission et la gestion d’actifs numériques dans un environnement institutionnel sécurisé.
En 2024, BNP Paribas a réalisé via AssetFoundry la première transaction B2B de token natif transfrontalier pour un fonds monétaire tokenisé au Luxembourg, en partenariat avec Allfunds Blockchain comme fournisseur technologique. BNP Paribas Securities Services a agi en qualité d’agent de transfert, et BNP Paribas Asset Management en qualité de gestionnaire. Les parts d’OPCVM monétaire ont été nativement tokenisées sur une blockchain privée.
En 2025, BNP Paribas a franchi une étape supplémentaire en tokenisant un fonds monétaire français sur Ethereum public via AssetFoundry, avec un modèle d’accès permissionné (réservé aux participants autorisés) sur la blockchain publique. Cette double approche — blockchain privée au Luxembourg, blockchain publique en France — illustre la flexibilité de la stratégie de BNP Paribas.
Canton Network
BNP Paribas a rejoint le Canton Network, infrastructure blockchain basée sur le langage Daml développé par Digital Asset Holdings. Ce réseau héberge plus de 3 600 milliards de dollars d’actifs tokenisés et réunit des institutions financières de premier plan : HSBC, Goldman Sachs, Hong Kong FMI Service et Moody’s Ratings. BNP Paribas a participé au tour de financement de 135 millions de dollars de Digital Asset, démontrant son engagement à long terme dans cette infrastructure.
Le Canton Network se distingue par son architecture de sous-réseaux (sub-networks) qui permettent aux institutions financières de maintenir la confidentialité de leurs transactions tout en bénéficiant de l’interopérabilité du réseau global. Cette approche est particulièrement adaptée aux besoins des institutions financières réglementées qui doivent concilier la transparence vis-à-vis des régulateurs avec la confidentialité des données commerciales.
Essais de l’Eurosystème 2024
BNP Paribas a joué un rôle de premier plan dans les essais de l’Eurosystème sur le règlement DLT, menés de mai à novembre 2024 avec 40 entités de 9 juridictions :
- Obligation numérique de 100 millions d’euros : Arrangée par BNP Paribas, HSBC Continental Europe et NatWest Markets, cette obligation à 3 ans a été réglée en wCBDC expérimentale émise par la Banque de France et la Deutsche Bundesbank.
- Première obligation numérique souveraine de la zone euro : BNP Paribas a accompagné la République de Slovénie dans l’émission de la première obligation souveraine numérique de la zone euro, un jalon historique pour la tokenisation de la dette publique.
- Données ESG on-chain : BNP Paribas a inclus des données ESG (coordonnées GPS des panneaux solaires financés) dans une obligation EDF, démontrant le potentiel de la blockchain pour renforcer la transparence des obligations vertes.
Projet Agorá
BNP Paribas figure parmi les 41 firmes privées sélectionnées pour participer au projet Agorá de la BRI, lancé en avril 2024 avec 7 banques centrales. Ce projet explore la tokenisation des paiements transfrontaliers wholesale dans un registre unifié multi-devises, avec un rapport final prévu pour le premier semestre 2026.
Participation aux Essais so|cash
BNP Paribas a participé en tant que partenaire interbancaire aux essais du protocole so|cash développé par le Crédit Agricole CIB, aux côtés de Santander et SEB, avec Société Générale comme observateur. Le règlement a été effectué en wCBDC via la plateforme DL3S de la Banque de France.
Cadre Réglementaire
Le cadre réglementaire applicable aux activités de tokenisation de BNP Paribas comprend la Loi PACTE de 2019, le règlement MiCA (UE 2023/1114), l’Ordonnance 2024-936 du 15 octobre 2024, et le régime pilote DLT. L’AMF et l’ACPR exercent conjointement la supervision. L’ESMA coordonne la réglementation européenne, avec 6 licences CASP MiCA délivrées en France. La période transitoire MiCA s’achève le 1er juillet 2026.
Chiffres Clés
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Actifs hébergés Canton Network | 3 600 milliards USD |
| Investissement dans Digital Asset | 135 millions USD (tour de financement) |
| Obligation numérique (essais 2024) | 100 millions EUR |
| Fonds monétaire tokenisé | Luxembourg (2024), France (2025) |
| Projet Agorá | 7 banques centrales, 41 firmes |
| Première obligation souveraine numérique zone euro | Slovénie (2024) |
Partenariats
- Digital Asset Holdings : Créateur du Canton Network et du langage Daml, bénéficiaire d’un investissement de 135 millions USD avec participation de BNP Paribas.
- HSBC, Goldman Sachs : Partenaires au sein du Canton Network.
- Allfunds Blockchain : Partenaire technologique pour la tokenisation de fonds monétaires au Luxembourg.
- Banque de France : Essais de l’Eurosystème 2024 avec règlement en wCBDC via DL3S.
- Crédit Agricole CIB : Partenaire interbancaire pour les tests so|cash. CACEIS (agrément CASP MiCA juin 2025) pourrait assurer la conservation des actifs tokenisés via AssetFoundry.
- SG-FORGE : Premier PSAN agréé, EURCV à 452 millions USD, concurrent et partenaire dans l’écosystème.
- Euroclear France : Infrastructure D-FMI pour le règlement-livraison des titres numériques.
- Caisse des Dépôts : DNN de 100 millions EUR émise via Euroclear D-FMI en novembre 2024.
Perspectives
Les perspectives de BNP Paribas dans la tokenisation sont portées par la croissance du Canton Network, le déploiement d’AssetFoundry et la maturation des infrastructures de règlement en wCBDC. Le marché obligataire français (5 600 milliards d’euros), les émissions de l’Agence France Trésor (339,9 milliards d’euros en 2024, 2 602 milliards d’euros d’encours), le marché des OAT vertes (plus de 35 milliards d’euros d’encours) et le marché actions sur Euronext Paris (capitalisation du CAC 40 de 2 480,8 milliards d’euros) constituent des gisements considérables pour la tokenisation via AssetFoundry.
Les gestionnaires d’actifs comme AXA Investment Managers et Amundi investissent dans les obligations numériques et constituent une clientèle naturelle pour les services de tokenisation de BNP Paribas. Natixis a participé au projet Jura de règlement transfrontalier en wCBDC, et Bpifrance soutient 45 % du financement early-stage Web3 en France. L’écosystème fintech français (1 145 entreprises, 14 licornes, 54 000 emplois) et l’adoption des crypto-actifs (10 % de détenteurs en 2024, 33 % d’intention d’achat en 2025) confirment la dynamique de croissance. La wCBDC wholesale disponible d’ici fin 2026, le projet Appia et le projet d’euro numérique retail (2029) créeront de nouvelles opportunités pour les services de tokenisation de BNP Paribas à l’échelle européenne. La CNIL encadre les enjeux de données personnelles liés aux transactions sur blockchain publique via AssetFoundry.
Lien externe : BNP Paribas CIB — Digital Assets
La Tokenisation — L’encyclopédie francophone de la tokenisation des actifs numériques
Stratégie Intégrée d’Actifs Numériques
La stratégie de BNP Paribas en matière d’actifs numériques se distingue par son caractère intégré, couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur depuis l’origination jusqu’à la conservation. Cette approche « full-stack » contraste avec les stratégies plus spécialisées d’autres acteurs institutionnels et reflète l’ambition de BNP Paribas de devenir un fournisseur de services complet pour les actifs tokenisés.
La distribution primaire constitue le premier maillon de cette chaîne. BNP Paribas, en tant qu’arrangeur d’obligations numériques pour les essais de l’Eurosystème 2024 et accompagnateur de la République de Slovénie pour la première obligation souveraine numérique de la zone euro, démontre sa capacité à structurer et placer des émissions de titres tokenisés pour des émetteurs institutionnels et souverains. L’intégration de données ESG on-chain dans l’obligation EDF (coordonnées GPS des panneaux solaires financés) illustre la capacité de BNP Paribas à enrichir les instruments financiers classiques avec des fonctionnalités natives blockchain.
Les marchés secondaires constituent le deuxième domaine d’intérêt stratégique. La participation au Canton Network, avec ses 3 600 milliards de dollars d’actifs tokenisés et son architecture de sous-réseaux, offre à BNP Paribas un environnement de négociation secondaire pour les actifs tokenisés institutionnels. L’interopérabilité entre les sous-réseaux du Canton Network permet la négociation d’actifs tokenisés tout en maintenant la confidentialité des transactions individuelles.
Le repo et le collatéral représentent des cas d’usage particulièrement prometteurs pour la tokenisation. La possibilité de mobiliser instantanément des titres tokenisés comme collatéral, sans les délais et les coûts associés aux processus manuels traditionnels de gestion du collatéral, pourrait générer des gains d’efficacité significatifs pour les opérations de financement sur le marché interbancaire. BNP Paribas, en tant que l’un des principaux acteurs du marché monétaire européen, est bien positionnée pour bénéficier de cette modernisation.
Les paiements de coupons constituent un autre domaine d’application de la tokenisation. L’utilisation de stablecoins comme l’EURCV de SG-FORGE (452 millions de dollars de capitalisation) ou de wCBDC pour le paiement automatisé des coupons via des smart contracts pourrait réduire les coûts opérationnels et les délais de paiement pour les émetteurs et les investisseurs.
L’approche progressive et incrémentale de BNP Paribas, plutôt que des projets « Big Bang », reflète la réalité des contraintes réglementaires et opérationnelles auxquelles font face les grandes institutions bancaires systémiques. Chaque projet — fonds monétaire tokenisé au Luxembourg, fonds sur Ethereum public en France, obligations numériques réglées en wCBDC, participation au Canton Network — constitue une brique supplémentaire dans la construction d’une infrastructure complète d’actifs numériques. L’AMF a prononcé 29,4 millions d’euros de sanctions en 2024, les montants les plus élevés en Europe, et fermé 181 sites frauduleux, renforçant la crédibilité du cadre réglementaire dans lequel BNP Paribas déploie sa stratégie. Le financement cumulé du secteur blockchain français depuis 2017 atteint 1,3 milliard d’euros sur 120 tours de table, et la Paris Blockchain Week attire plus de 10 000 participants, confirmant la dynamique de l’écosystème dans lequel BNP Paribas opère en tant qu’acteur institutionnel de référence.
Contexte Réglementaire et Données de Marché
L’AMF a enregistré plus de 100 PSAN depuis mars 2020, avec Coinhouse comme premier enregistré (E2020-001). Deux agréments PSAN ont été délivrés : SG-FORGE le 18 juillet 2023 et Deblock en novembre 2024. L’AMF a prononcé 29,4 millions d’euros de sanctions disciplinaires en 2024, un record européen selon l’ESMA, incluant 42 sanctions financières disciplinaires et 9 accords transactionnels administratifs. L’Autorité a fermé 181 sites frauduleux (117 par décision de justice, 64 par injonction) et ouvert 56 nouvelles enquêtes. Plus de 1 500 entités figurent sur les listes noires de l’AMF, et les pertes moyennes des victimes de fraude crypto atteignent 30 000 euros pour un total estimé à 300 millions d’euros.
Le règlement MiCA (UE 2023/1114), pleinement applicable depuis le 30 décembre 2024, a été transposé en droit français par l’ordonnance 2024-936 du 15 octobre 2024. La période transitoire française de 18 mois s’achève le 1er juillet 2026. Six licences CASP MiCA ont été délivrées en France, sur plus de 40 au niveau européen — l’Allemagne menant avec 18 licences, suivie des Pays-Bas (14), de la France (6) et de Malte (6). Les exigences de capital minimum sous MiCA sont de 50 000 EUR pour le conseil, 125 000 EUR pour la conservation et l’échange, et 150 000 EUR pour les plateformes de négociation.
La Banque de France a mené 12 expérimentations de CBDC wholesale via sa plateforme DL3S entre 2020 et 2024, sélectionnant 8 consortiums sur 40 candidatures reçues. Les essais Eurosystème 2024 ont impliqué 40 entités de 9 juridictions. La wCBDC wholesale sera disponible en version initiale fin 2026. Le marché obligataire français totalise 5 600 milliards d’euros d’encours, premier en Europe, avec une dette souveraine de 2 602 milliards d’euros au 31 décembre 2024 et des émissions moyen-long terme de 339,9 milliards d’euros en 2024 à un rendement moyen pondéré de 2,91 pour cent.
Infrastructure et Projets Institutionnels
La plateforme DL3S (Distributed Ledger for Securities Settlement System) de la Banque de France, blockchain permissionnée propriétaire basée sur R3 Corda puis portée sur des environnements multi-DLT, a traité 1,59 milliard d’euros lors des essais Eurosystème 2024. Le projet Jura, achevé en novembre 2021 avec la BNS et la BRI, a testé le règlement transfrontalier EUR/CHF via la plateforme SDX avec un mécanisme de double notaire sur trois sous-réseaux. Le projet Mariana, publié en septembre 2023 avec les banques centrales de France, Singapour et Suisse, a exploré les AMM DeFi pour l’échange de wCBDC sur blockchain publique.
Le projet Agorá, lancé par la BRI avec 7 banques centrales et 41 firmes privées dont BNP Paribas, explore un registre unifié multi-devises pour les paiements transfrontaliers. Le projet Appia vise un European Shared Ledger intégrant wCBDC, monnaie commerciale tokenisée et instruments financiers tokenisés. La Caisse des Dépôts a émis 100 millions d’euros de DNN via Euroclear D-FMI réglée sur DL3S en novembre 2024. CACEIS a obtenu l’agrément MiCA en juin 2025, offrant la conservation institutionnelle d’actifs numériques sur blockchain publique Ethereum pour les fonds UCITS tokenisés avec Spiko.
Modèle Économique de la Tokenisation et Création de Valeur
La tokenisation génère de la valeur pour BNP Paribas à travers plusieurs canaux de revenus complémentaires. En tant qu’arrangeur et placeur d’émissions de titres tokenisés, BNP Paribas perçoit des commissions de structuration et de placement comparables à celles des émissions obligataires traditionnelles, avec des coûts opérationnels potentiellement réduits grâce à l’automatisation des processus par les smart contracts. L’obligation numérique de 100 millions d’euros arrangée pour les essais de l’Eurosystème 2024, ainsi que l’accompagnement de la République de Slovénie pour la première obligation numérique souveraine de la zone euro, illustrent la capacité de BNP Paribas à générer des revenus de banque d’investissement dans le segment des actifs tokenisés.
Les services de conservation et d’administration d’actifs numériques constituent un deuxième canal de revenus récurrents. BNP Paribas Securities Services, en tant qu’agent de transfert pour les fonds monétaires tokenisés au Luxembourg et en France, perçoit des commissions de tenue de compte et d’administration proportionnelles aux actifs sous conservation. L’investissement de BNP Paribas dans le tour de financement de 135 millions de dollars de Digital Asset, créateur du Canton Network et du langage Daml, s’inscrit dans une logique de contrôle de la chaîne de valeur : en participant à l’infrastructure, BNP Paribas se positionne pour capter une part plus importante des revenus générés par la tokenisation.
Le marché du repo et du collatéral tokenisés représente un potentiel de création de valeur considérable. Le marché européen du repo dépasse 8 000 milliards d’euros de volume quotidien, et la tokenisation du collatéral permettrait de réduire les besoins en titres immobilisés, d’accélérer les opérations de réhypothécation et de diminuer les appels de marge intra-journaliers. Pour BNP Paribas, l’un des principaux acteurs du marché monétaire européen, l’efficacité accrue des opérations de repo tokenisé pourrait libérer du capital réglementaire et réduire les coûts opérationnels de plusieurs dizaines de millions d’euros par an.
L’intégration de données ESG on-chain dans les obligations tokenisées crée un avantage compétitif différenciant pour BNP Paribas. L’inclusion des coordonnées GPS des panneaux solaires financés dans l’obligation EDF démontre une capacité technique que peu de banques d’investissement maîtrisent. Cette fonctionnalité répond à la demande croissante des investisseurs institutionnels pour des données ESG vérifiables et en temps réel, dans un contexte de durcissement des exigences réglementaires SFDR et de la taxonomie européenne. Pour les émetteurs d’obligations vertes, la blockchain offre une transparence supérieure aux méthodes traditionnelles de reporting ESG, réduisant le risque de greenwashing.
La pression concurrentielle dans le domaine de la tokenisation s’intensifie en Europe. HSBC, Goldman Sachs et J.P. Morgan développent leurs propres plateformes de tokenisation, et l’AMF a déjà délivré plus de 100 enregistrements PSAN en France. Le régime pilote DLT européen permet à de nouveaux acteurs — comme Kriptown avec la plateforme Lise, soutenue par le Crédit Agricole — de concurrencer les infrastructures de marché traditionnelles. BNP Paribas répond à cette concurrence par sa stratégie intégrée couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur, depuis l’origination sur AssetFoundry jusqu’à la conservation via BNP Paribas Securities Services, en passant par la négociation secondaire sur le Canton Network. Le stablecoin EURCV de SG-FORGE, atteignant 452 millions de dollars de capitalisation sur Ethereum, Solana et XRP Ledger, et la wCBDC wholesale de la Banque de France disponible d’ici fin 2026, offrent des instruments de règlement en monnaie numérique que BNP Paribas intègre dans ses processus d’émission et de conservation d’actifs tokenisés.