Natixis — Banque d'Investissement et Projet Jura
Natixis : participation au projet Jura wCBDC EUR/CHF, billets de trésorerie tokenisés, banque d'investissement et tokenisation.
Natixis — Banque d’Investissement et Projet Jura
Mis à jour mars 2026
Natixis, banque de financement, de gestion d’actifs et d’assurance du Groupe BPCE, a joué un rôle de premier plan dans les expérimentations de monnaie numérique de banque centrale wholesale en participant au projet Jura en novembre 2021. Ce projet transfrontalier, mené conjointement par la Banque de France, la Banque nationale suisse (BNS) et le Centre d’innovation de la BRI, a permis de démontrer la faisabilité du règlement de transactions de change en wCBDC EUR/CHF et de l’émission de billets de trésorerie tokenisés. Natixis a spécifiquement détenu des francs numériques et procédé à l’émission et au remboursement de billets de trésorerie tokenisés, un rôle central dans l’une des expérimentations les plus abouties de CBDC wholesale au monde.
Participation au Projet Jura
Le projet Jura, réalisé sur trois jours en novembre 2021, a testé le règlement transfrontalier en CBDC wholesale entre la France et la Suisse. Six partenaires privés ont participé aux côtés des trois institutions centrales : Accenture, Credit Suisse, Natixis, R3, SIX Digital Exchange (SDX) et UBS. Les transactions ont porté sur le règlement de transactions de change en euro numérique et franc suisse numérique wholesale, l’émission de billets de trésorerie tokenisés en euros, le transfert de ces billets entre institutions et leur remboursement.
Natixis a occupé un rôle spécifique dans cette architecture : la banque a détenu des francs suisses numériques wholesale et a procédé à l’émission et au remboursement de billets de trésorerie tokenisés. Credit Suisse et UBS, de leur côté, détenaient des euros numériques et échangeaient les billets de trésorerie. L’architecture technique reposait sur la plateforme SDX (SIX Digital Exchange) avec la technologie Corda (R3), organisée en trois sous-réseaux (euro numérique wholesale, franc suisse numérique wholesale, billets de trésorerie tokenisés) et un mécanisme de signature à double notaire.
Les résultats clés du projet Jura incluent la démonstration de la faisabilité du PvP (paiement contre paiement) transfrontalier en wCBDC, la démonstration du DvP (livraison contre paiement) pour les billets de trésorerie tokenisés, la confirmation qu’une wCBDC peut servir d’actif de règlement sûr et neutre pour les transactions internationales, et la réalisation de transactions à valeur réelle dans un cadre quasi réel. Le projet a contribué aux blocs de construction 9 (règlement PvP), 17 (plateformes multilatérales) et 19 (CBDC) du programme du G20 sur les paiements transfrontaliers.
Contexte des Expérimentations CBDC Françaises
La participation de Natixis au projet Jura s’inscrit dans le programme d’expérimentations de CBDC wholesale de la Banque de France, lancé en mars 2020, qui a conduit 12 expérimentations avec succès. La Banque de France a reçu 40 candidatures et sélectionné 8 expérimentations. La plateforme propriétaire DL3S (Distributed Ledger for Securities Settlement System), blockchain permissionnée développée par la Banque de France, a été utilisée pour les essais de l’Eurosystème en 2024, au cours desquels 40 entités de 9 juridictions ont participé sur une période de six mois (mai à novembre 2024).
Après le projet Jura, la Banque de France a participé au projet Mariana (DeFi et CBDC avec Singapour et la Suisse, résultats publiés en septembre 2023), au projet Agorá (registre unifié multi-devises avec 7 banques centrales et 41 firmes privées, lancé en avril 2024) et au projet Pontes (pilotage de CBDC wholesale, en cours). Les essais de l’Eurosystème 2024 ont inclus des transactions notables comme l’émission d’une Digitally Native Note de 100 millions d’euros par la Caisse des Dépôts via Euroclear D-FMI, et une obligation numérique de 100 millions d’euros arrangée par BNP Paribas, HSBC et NatWest Markets.
Groupe BPCE et Tokenisation
Natixis est la banque d’investissement du Groupe BPCE, deuxième groupe bancaire français par la clientèle. La stratégie du groupe en matière de tokenisation s’appuie sur l’expérience acquise par Natixis lors du projet Jura et sur le développement de capacités internes en matière de DLT et d’actifs numériques. Le paysage bancaire français est marqué par une forte compétition dans la tokenisation : SG-FORGE (premier PSAN agréé, EURCV à 452 millions de dollars), BNP Paribas (AssetFoundry, Canton Network), Crédit Agricole CIB (so|bond, so|cash, CACEIS agréé MiCA).
Marché des Billets de Trésorerie Tokenisés
Les billets de trésorerie, instruments de dette à court terme émis par les entreprises pour financer leur besoin en fonds de roulement, constituent l’un des cas d’usage naturels de la tokenisation. La rapidité d’émission, la standardisation des instruments et les volumes importants rendent ces titres particulièrement adaptés à la numérisation. Le projet Jura a démontré que des billets de trésorerie tokenisés pouvaient être émis, transférés et remboursés dans un cadre transfrontalier avec règlement en CBDC wholesale.
Le marché obligataire français totalise 5 600 milliards d’euros, le premier marché européen, et les billets de trésorerie représentent un segment significatif de ce marché. L’Agence France Trésor gère 2 602 milliards d’euros de dette négociable au 31 décembre 2024, avec des émissions à moyen et long terme de 339,9 milliards d’euros en 2024. La tokenisation de ces instruments permettrait de réduire les délais de règlement, d’améliorer la liquidité et de faciliter les transactions transfrontalières.
Cadre Réglementaire
Le cadre réglementaire applicable aux activités de tokenisation de Natixis comprend la Loi PACTE de 2019, le règlement MiCA (UE 2023/1114), l’Ordonnance 2024-936 du 15 octobre 2024, et le régime pilote DLT. L’AMF et l’ACPR exercent conjointement la supervision des prestataires d’actifs numériques en France. La période transitoire MiCA s’achève le 1er juillet 2026, avec l’obligation d’obtenir l’agrément CASP. L’ESMA coordonne la réglementation au niveau européen, et Euronext Paris (capitalisation du CAC 40 de 2 480,8 milliards d’euros en mars 2025) constitue l’infrastructure de marché de référence.
Écosystème et Perspectives
Natixis évolue dans un écosystème institutionnel français dynamique. Euroclear France a développé l’infrastructure D-FMI utilisée lors des essais de l’Eurosystème 2024. La Caisse des Dépôts a émis 100 millions d’euros de DNN via Euroclear D-FMI en novembre 2024. Les gestionnaires d’actifs comme AXA Investment Managers et Amundi investissent dans les obligations numériques, AXA IM ayant souscrit à la première obligation verte numérique de SG-FORGE en novembre 2023.
Le stablecoin EURCV de SG-FORGE, EMT conforme MiCA à 452 millions de dollars de capitalisation, offre un instrument de règlement en euros pour les transactions sur actifs tokenisés. BNP Paribas a développé AssetFoundry et rejoint le Canton Network hébergeant 3 600 milliards de dollars d’actifs. Le Crédit Agricole CIB déploie so|bond pour les obligations durables et CACEIS a obtenu l’agrément MiCA en juin 2025.
L’écosystème fintech français compte 1 145 entreprises, 14 licornes et 54 000 emplois. Bpifrance soutient 45 % du financement early-stage Web3 en France. Le financement Web3 en Europe a atteint 2,1 milliards d’euros en 2024 (21 % du financement mondial). L’adoption des crypto-actifs en France progresse : 10 % de détenteurs en 2024, 33 % d’intention d’achat en 2025. Paris accueille des événements de référence comme la Paris Blockchain Week (10 000 participants en 2025). L’AMF a prononcé 29,4 millions d’euros de sanctions en 2024. Le patrimoine immobilier français (26 000 milliards de dollars), le marché obligataire (5 600 milliards d’euros) et le marché actions (Euronext Paris, plus de 3 000 milliards d’euros) constituent un gisement considérable pour la tokenisation dans lequel Natixis, forte de son expérience pionnière dans le projet Jura, peut jouer un rôle de premier plan.
L’Agence France Trésor gère 2 602 milliards d’euros de dette négociable avec 339,9 milliards d’euros d’émissions en 2024 et un rendement moyen de 2,91 %. Le marché des OAT vertes dépasse 35 milliards d’euros d’encours. Euroclear France a développé l’infrastructure D-FMI et la Caisse des Dépôts y a émis 100 millions d’euros de DNN en novembre 2024. Les gestionnaires d’actifs comme AXA Investment Managers et Amundi investissent dans les obligations numériques. L’Autorité de la Concurrence surveille les pratiques dans ce marché en développement. Le projet d’euro numérique retail (première émission potentielle 2029) et la wCBDC wholesale (disponible d’ici fin 2026) transformeront les modalités de règlement dans lesquelles Natixis opère. La Banque Postale, institution publique, pourrait distribuer des billets de trésorerie tokenisés au détail, élargissant la base d’investisseurs pour ce type d’instruments que Natixis a été pionnière à tester dans le cadre du projet Jura.
Le marché des OAT vertes dépasse 35 milliards d’euros d’encours, avec des émissions de 14,1 milliards d’euros en 2024 dont une OAT verte record de 8 milliards d’euros. L’AMF a fermé 181 sites frauduleux en 2024 et prononcé 29,4 millions d’euros de sanctions, les montants les plus élevés en Europe. Le financement cumulé du secteur blockchain français atteint 1,3 milliard d’euros sur 120 tours de table depuis 2017. La CNIL encadre la protection des données personnelles dans le contexte blockchain, un enjeu important pour les transactions transfrontalières de type Jura.
Lien externe : Natixis CIB
La Tokenisation — L’encyclopédie francophone de la tokenisation des actifs numériques
Natixis Investment Managers continue de développer ses capacités en matière de tokenisation de fonds, contribuant au positionnement de la gestion d’actifs française à la pointe de l’innovation dans les marchés de capitaux numériques européens.
Billets de Trésorerie et Innovation dans le Court Terme
Les billets de trésorerie tokenisés testés par Natixis lors du projet Jura représentent un cas d’usage particulièrement prometteur pour la tokenisation des instruments financiers à court terme. Les billets de trésorerie, émis par les entreprises pour financer leur besoin en fonds de roulement, sont des instruments standardisés dont l’émission, le transfert et le remboursement peuvent être automatisés via des smart contracts sur une infrastructure DLT.
L’avantage de la tokenisation pour les billets de trésorerie est triple. Premièrement, la réduction des délais d’émission et de règlement permet aux entreprises émettrices d’accéder plus rapidement au financement. Deuxièmement, la possibilité de fractionner les billets de trésorerie tokenisés élargit la base d’investisseurs potentiels, rendant ces instruments accessibles à des investisseurs institutionnels de taille plus modeste. Troisièmement, le règlement en CBDC wholesale élimine le risque de contrepartie lié au règlement, offrant une sécurité comparable à celle du règlement en monnaie de banque centrale fiduciaire.
L’expérience de Natixis dans le projet Jura a démontré que ces avantages peuvent être réalisés dans un cadre transfrontalier, avec le règlement PvP en euro numérique et franc suisse numérique wholesale. Cette capacité transfrontalière est essentielle pour le marché des billets de trésorerie, qui est par nature international en raison de la diversification des sources de financement recherchée par les entreprises émettrices.
Le Groupe BPCE, maison mère de Natixis et deuxième groupe bancaire français par la clientèle, pourrait tirer parti de cette expertise pionnière pour développer une offre complète de tokenisation d’instruments à court terme, en s’appuyant sur les avancées de l’infrastructure de règlement française — DL3S de la Banque de France, D-FMI d’Euroclear France — et sur le cadre réglementaire MiCA qui harmonise les conditions d’exercice au niveau européen.
L’AMF a prononcé 29,4 millions d’euros de sanctions en 2024 et fermé 181 sites frauduleux, renforçant la crédibilité du cadre dans lequel Natixis pourrait déployer des services de tokenisation à grande échelle. Le financement fintech en France a atteint 1,3 milliard d’euros en 2024 avec un ticket moyen de 12,6 millions d’euros, et la Paris Blockchain Week attire plus de 10 000 participants, confirmant la dynamique de l’écosystème dans lequel Natixis, forte de son expérience pionnière dans le projet Jura, peut jouer un rôle de premier plan dans la tokenisation des instruments financiers à court terme.
L’adoption des crypto-actifs en France progresse régulièrement avec 10 % de détenteurs en 2024 et 33 % d’intention d’achat en 2025. Le financement Web3 en Europe a atteint 2,1 milliards d’euros en 2024, représentant 21 % du financement mondial. Le financement cumulé du secteur blockchain français depuis 2017 atteint 1,3 milliard d’euros sur 120 tours de table, soutenu par Bpifrance qui assure 45 % du financement early-stage Web3. L’euro numérique retail, avec une première émission potentielle en 2029 et un coût estimé de 1,3 milliard d’euros, transformera les modalités de règlement des billets de trésorerie dans lesquels Natixis a été pionnière.
Contexte Réglementaire et Données de Marché
L’AMF a enregistré plus de 100 PSAN depuis mars 2020, avec Coinhouse comme premier enregistré (E2020-001). Deux agréments PSAN ont été délivrés : SG-FORGE le 18 juillet 2023 et Deblock en novembre 2024. L’AMF a prononcé 29,4 millions d’euros de sanctions disciplinaires en 2024, un record européen selon l’ESMA, incluant 42 sanctions financières disciplinaires et 9 accords transactionnels administratifs. L’Autorité a fermé 181 sites frauduleux (117 par décision de justice, 64 par injonction) et ouvert 56 nouvelles enquêtes. Plus de 1 500 entités figurent sur les listes noires de l’AMF, et les pertes moyennes des victimes de fraude crypto atteignent 30 000 euros pour un total estimé à 300 millions d’euros.
Le règlement MiCA (UE 2023/1114), pleinement applicable depuis le 30 décembre 2024, a été transposé en droit français par l’ordonnance 2024-936 du 15 octobre 2024. La période transitoire française de 18 mois s’achève le 1er juillet 2026. Six licences CASP MiCA ont été délivrées en France, sur plus de 40 au niveau européen — l’Allemagne menant avec 18 licences, suivie des Pays-Bas (14), de la France (6) et de Malte (6). Les exigences de capital minimum sous MiCA sont de 50 000 EUR pour le conseil, 125 000 EUR pour la conservation et l’échange, et 150 000 EUR pour les plateformes de négociation.
La Banque de France a mené 12 expérimentations de CBDC wholesale via sa plateforme DL3S entre 2020 et 2024, sélectionnant 8 consortiums sur 40 candidatures reçues. Les essais Eurosystème 2024 ont impliqué 40 entités de 9 juridictions. La wCBDC wholesale sera disponible en version initiale fin 2026. Le marché obligataire français totalise 5 600 milliards d’euros d’encours, premier en Europe, avec une dette souveraine de 2 602 milliards d’euros au 31 décembre 2024 et des émissions moyen-long terme de 339,9 milliards d’euros en 2024 à un rendement moyen pondéré de 2,91 pour cent.
Infrastructure et Projets Institutionnels
La plateforme DL3S (Distributed Ledger for Securities Settlement System) de la Banque de France, blockchain permissionnée propriétaire basée sur R3 Corda puis portée sur des environnements multi-DLT, a traité 1,59 milliard d’euros lors des essais Eurosystème 2024. Le projet Jura, achevé en novembre 2021 avec la BNS et la BRI, a testé le règlement transfrontalier EUR/CHF via la plateforme SDX avec un mécanisme de double notaire sur trois sous-réseaux. Le projet Mariana, publié en septembre 2023 avec les banques centrales de France, Singapour et Suisse, a exploré les AMM DeFi pour l’échange de wCBDC sur blockchain publique.
Le projet Agorá, lancé par la BRI avec 7 banques centrales et 41 firmes privées dont BNP Paribas, explore un registre unifié multi-devises pour les paiements transfrontaliers. Le projet Appia vise un European Shared Ledger intégrant wCBDC, monnaie commerciale tokenisée et instruments financiers tokenisés. La Caisse des Dépôts a émis 100 millions d’euros de DNN via Euroclear D-FMI réglée sur DL3S en novembre 2024. CACEIS a obtenu l’agrément MiCA en juin 2025, offrant la conservation institutionnelle d’actifs numériques sur blockchain publique Ethereum pour les fonds UCITS tokenisés avec Spiko.
Perspectives Stratégiques et Écosystème Concurrentiel
L’expérience pionnière de Natixis dans le projet Jura positionne la banque d’investissement du Groupe BPCE comme un acteur crédible de la tokenisation d’instruments financiers à court terme, mais le paysage concurrentiel français a considérablement évolué depuis novembre 2021. Les grandes banques françaises ont chacune développé des capacités de tokenisation significatives, créant un écosystème institutionnel dense dans lequel Natixis doit affirmer sa différenciation stratégique.
SG-FORGE, filiale de Société Générale, a considérablement étendu ses activités depuis le projet Jura. Outre ses émissions d’obligations tokenisées sur Ethereum, Tezos et Canton Network depuis 2019, SG-FORGE a lancé le stablecoin EURCV, EMT conforme MiCA à 452 millions de dollars de capitalisation, déployé sur Ethereum, Solana et XRP Ledger, et a étendu sa gamme avec l’USD CoinVertible lancé en juillet 2025. L’émission de la première obligation numérique de Société Générale aux États-Unis sur Canton Network en novembre 2025, en partenariat avec Broadridge Financial Solutions et avec DRW comme acheteur, démontre l’internationalisation de la stratégie de SG-FORGE. Le CAST Framework open source, intégrant la conformité AML au niveau du protocole blockchain, et les intégrations DeFi avec Morpho, Uniswap et MakerDAO (Sky) positionnent SG-FORGE à l’intersection de la finance institutionnelle et de la finance décentralisée.
BNP Paribas a développé AssetFoundry, sa plateforme de tokenisation propriétaire, et rejoint le Canton Network qui héberge désormais plus de 3 600 milliards de dollars d’actifs tokenisés aux côtés de HSBC, Goldman Sachs, Hong Kong FMI Service et Moody’s Ratings. BNP Paribas a investi dans Digital Asset, créateur du Canton Network, lors d’un tour de financement de 135 millions de dollars. La banque a tokenisé des parts de fonds monétaires OPCVM sur Ethereum via AssetFoundry et accompagné la République de Slovénie pour la première obligation numérique souveraine de la zone euro lors des essais de l’Eurosystème 2024. L’inclusion de données ESG on-chain dans une obligation EDF illustre l’innovation de BNP Paribas dans la transparence blockchain.
Le Crédit Agricole CIB a développé les plateformes so|bond pour les obligations numériques durables avec le protocole PoCR climatiquement conscient, et so|cash pour la banque correspondante tokenisée selon un modèle platformless, testées lors des essais DLT de la BCE en 2024 avec BNP Paribas, Santander, SEB et la Société Générale comme observateur. La Banque Européenne d’Investissement utilise so|bond pour ses émissions, et CACEIS, filiale du Crédit Agricole, a obtenu l’agrément CASP MiCA en juin 2025 auprès de l’ACPR pour la conservation de crypto-actifs, la transmission d’ordres et les services de transfert, avec un passeport européen couvrant les 27 États membres. CACEIS a réalisé la première conservation européenne d’un fonds UCITS monétaire de détail sur Ethereum public avec Spiko et Twenty First Capital.
Face à cette concurrence institutionnelle, Natixis peut capitaliser sur plusieurs atouts distinctifs. L’expertise acquise dans le projet Jura en matière de règlement transfrontalier en wCBDC est directement applicable aux développements de la wCBDC wholesale, disponible d’ici fin 2026 via le projet Pontes de la Banque de France. La maîtrise des billets de trésorerie tokenisés, testée dans des conditions quasi réelles avec règlement PvP en euro numérique et franc suisse numérique wholesale, confère à Natixis un avantage de premier entrant dans le segment des instruments de dette à court terme tokenisés. L’adossement au Groupe BPCE, deuxième groupe bancaire français par la clientèle, offre un réseau de distribution complémentaire à celui de La Banque Postale pour les produits tokenisés. Le projet Appia pour un European Shared Ledger intégrant wCBDC, monnaie commerciale tokenisée et instruments financiers tokenisés, et la Digitally Native Note de 100 millions d’euros émise par la Caisse des Dépôts via Euroclear D-FMI en novembre 2024, confirment la maturation de l’infrastructure dans laquelle Natixis pourra déployer ses services de tokenisation à grande échelle.