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Euronext et les Initiatives DLT en Europe

Euronext, deuxième bourse européenne, et ses initiatives DLT : CAC 40, régime pilote, modernisation.

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Euronext et les Initiatives DLT en Europe

Mis à jour mars 2026

Euronext, principale infrastructure boursière paneuropéenne avec près de 1 800 émetteurs cotés et 6 300 milliards d’euros de capitalisation globale, opère dans sept pays européens et explore activement la technologie des registres distribués (DLT) pour moderniser ses infrastructures de marché. L’entrée d’Euronext au CAC 40 le 22 septembre 2025, avec une capitalisation de 14,5 milliards d’euros contre seulement 1,4 milliard lors de son introduction en bourse en 2014, témoigne de la croissance spectaculaire des infrastructures de marché et de la confiance des investisseurs dans la transformation numérique du secteur boursier européen.

Position de Marché : Une Bourse Dominante en Europe Continentale

Euronext Paris occupe une position de premier plan parmi les places boursières européennes. Avec 795 sociétés cotées, la bourse parisienne est la deuxième place européenne par capitalisation boursière. Le CAC 40 affiche une capitalisation de 2 480,8 milliards d’euros en mars 2025, après avoir atteint un plus haut historique de 2 689,8 milliards en mars 2024. Les plus grandes capitalisations sont LVMH à 337,25 milliards d’euros, Hermès International à 228,98 milliards et L’Oréal à 212,16 milliards en août 2024. Les segments complémentaires incluent le CAC Mid & Small à 186,7 milliards d’euros et le CAC Mid 60 à 159,9 milliards en mars 2025.

Au niveau consolidé, Euronext opère des bourses à Paris, Amsterdam, Bruxelles, Dublin, Lisbonne, Milan et Oslo, créant un réseau paneuropéen unique capable d’offrir des services de cotation, de négociation et de post-marché harmonisés. Cette présence paneuropéenne constitue un atout stratégique majeur pour le déploiement d’initiatives DLT à l’échelle continentale, car elle permet de tester des innovations dans plusieurs juridictions simultanément tout en bénéficiant d’un cadre opérationnel unifié.

La capitalisation totale d’Euronext Paris est estimée entre 3 000 et 3 500 milliards d’euros pour l’ensemble des émetteurs cotés. Le marché obligataire français, premier d’Europe avec 5 600 milliards d’euros d’encours tous émetteurs confondus — devant le Royaume-Uni à 5 300 milliards et l’Allemagne à 4 300 milliards —, offre un potentiel considérable pour la tokenisation des obligations et l’intégration progressive de la DLT dans les opérations de post-marché.

Le Régime Pilote DLT : Cadre Réglementaire pour l’Innovation

Le régime pilote DLT européen, instauré par le Règlement (UE) 2022/858 et entré en vigueur en mars 2023, constitue le cadre d’expérimentation dans lequel Euronext et les autres infrastructures de marché peuvent tester la technologie des registres distribués sous supervision réglementaire. Ce régime, d’une durée initiale de trois ans avec possibilité d’extension de trois ans supplémentaires, offre des exemptions temporaires à certaines exigences réglementaires existantes pour permettre l’expérimentation tout en maintenant la protection des investisseurs.

Le régime pilote DLT prévoit trois types d’infrastructures de marché DLT : les systèmes multilatéraux de négociation DLT (DLT MTF), les systèmes de règlement de titres DLT (DLT SS), et les systèmes de négociation et de règlement DLT (DLT TSS) qui combinent les deux fonctions. Les seuils progressifs limitent initialement les instruments financiers tokenisés éligibles, mais l’évaluation prévue par l’ESMA pourrait conduire à un relèvement de ces seuils si les résultats sont positifs.

Pour Euronext, le régime pilote DLT représente une opportunité stratégique de tester l’intégration de la technologie blockchain dans ses opérations de négociation et de règlement sans compromettre la stabilité de ses systèmes existants. L’approche progressive du régime — des seuils modestes initialement, puis une évaluation et un élargissement potentiel — correspond parfaitement à la stratégie incrémentale adoptée par les grandes infrastructures de marché.

Euronext vs Plateformes Blockchain Natives

L’écosystème français de la tokenisation bénéficie d’une complémentarité fructueuse entre le modèle traditionnel modernisé d’Euronext et les plateformes blockchain natives émergentes. Comparaison Euronext vs LISE : Euronext représente l’approche d’intégration progressive de la DLT dans une infrastructure existante disposant d’une base d’émetteurs, de liquidité et de reconnaissance réglementaire établies, tandis que Kriptown et Lise SA, soutenues par le Crédit Agricole, proposent un modèle entièrement blockchain natif pour les PME-ETI.

Kriptown développe la plateforme LISE, une bourse tokenisée pour les PME et ETI sous le régime pilote DLT, avec un premier IPO tokenisé potentiel fin 2025. Cette plateforme vise un segment de marché que les bourses traditionnelles peinent à servir efficacement : les entreprises de taille intermédiaire dont les coûts de cotation classique sont disproportionnés par rapport aux montants levés. La tokenisation des actions sur blockchain permet de réduire les coûts d’introduction en bourse, d’améliorer la transparence du registre d’actionnaires et de faciliter les transactions sur le marché secondaire.

Les Expérimentations de l’Eurosystème et le Rôle d’Euronext

Les essais de l’Eurosystème 2024, menés entre mai et novembre, ont constitué un jalon majeur dans l’intégration de la DLT dans les infrastructures de marché européennes. Ces essais ont testé trois solutions distinctes : la plateforme DL3S de la Banque de France, la Trigger Solution de la Deutsche Bundesbank et TIPS Hash Link de la Banca d’Italia. Au total, 40 entités de 9 juridictions ont participé, et la Banque de France a réalisé 19 essais sur DL3S.

Les transactions notables réalisées durant ces essais démontrent la maturité de l’écosystème français pour la tokenisation de titres financiers sur des infrastructures de marché. La Caisse des Dépôts a émis 100 millions d’euros de Digitally Native Notes (DNN) via l’infrastructure Euroclear D-FMI réglée sur DL3S — la première note nativement numérique au porteur en France. BNP Paribas a arrangé une obligation numérique de 100 millions d’euros à trois ans réglée en wCBDC expérimentale. La République de Slovénie a émis la première obligation souveraine numérique de la zone euro, accompagnée par BNP Paribas.

Ces résultats démontrent que le règlement en monnaie de banque centrale sur DLT est opérationnel pour des montants institutionnels significatifs. La majorité des participants ont exprimé leur souhait de poursuivre les expérimentations en 2025, et le projet Appia prend la suite avec l’ambition de créer un European Shared Ledger intégrant wCBDC, monnaie commerciale tokenisée et instruments financiers tokenisés.

L’Infrastructure de Post-Marché : Un Enjeu Central

Le post-marché représente le segment où la DLT peut apporter les gains d’efficacité les plus significatifs. Les processus actuels de compensation et de règlement-livraison impliquent de multiples intermédiaires — chambres de compensation, dépositaires centraux de titres, agents de règlement — chacun ajoutant des coûts et des délais au processus. Le cycle standard de règlement-livraison en T+2 (deux jours ouvrables après la transaction) pourrait être réduit à un règlement quasi-instantané grâce à la DLT.

Pour Euronext, la modernisation du post-marché via la DLT pose à la fois des opportunités et des défis. D’un côté, la réduction des coûts de règlement, la diminution du risque de contrepartie et l’amélioration de la transparence sont des avantages tangibles. De l’autre, l’intégration de systèmes DLT dans une infrastructure de marché existante qui traite des milliards d’euros de transactions quotidiennes nécessite une approche prudente et progressive.

Le régime pilote DLT permet précisément cette approche incrémentale. Euronext peut tester des solutions DLT pour des instruments spécifiques, évaluer les résultats et étendre progressivement le périmètre en fonction des retours d’expérience. L’ordonnance blockchain de 2017 avait déjà posé les bases juridiques en autorisant l’inscription de titres financiers non cotés sur un dispositif d’enregistrement électronique partagé (DEEP), et la Loi PACTE de 2019 a étendu le cadre aux actifs numériques.

Les Obligations Tokenisées : Un Cas d’Usage Privilégié

Le marché obligataire français de 5 600 milliards d’euros constitue le cas d’usage le plus prometteur pour la DLT dans l’écosystème d’Euronext. La dette négociable de l’État français atteint 2 602 milliards d’euros au 31 décembre 2024, avec des émissions moyen-long terme totalisant 339,9 milliards en 2024. Les émissions syndiquées de 2024 illustrent l’ampleur du marché : une OAT 3,25% mai 2055 de 8 milliards d’euros a suscité une demande de plus de 75 milliards d’euros et attiré plus de 380 investisseurs finaux.

SG-FORGE a démontré la viabilité de la tokenisation obligataire dès 2019 avec un covered bond de 100 millions d’euros sur Ethereum, suivi d’émissions sur Tezos et Canton Network. BNP Paribas a développé AssetFoundry et participe au Canton Network qui héberge 3 600 milliards de dollars d’actifs tokenisés. Le Crédit Agricole CIB déploie so|bond, une plateforme d’obligations numériques durables utilisée par la Banque Européenne d’Investissement.

La France est également le premier pays au monde à avoir émis une obligation verte souveraine de taille benchmark, avec un encours d’OAT vertes dépassant 35 milliards d’euros en avril 2024 et des émissions totales d’obligations vertes de 14,1 milliards d’euros en 2024. La tokenisation de ces obligations vertes, avec l’intégration de données ESG on-chain comme l’a démontré BNP Paribas avec l’obligation EDF, pourrait devenir un standard de transparence pour les investissements durables.

Le Marché des PME-ETI : Un Potentiel Inexploité

Les PME et ETI françaises constituent un segment de marché à fort potentiel pour la tokenisation sur Euronext ou via des plateformes complémentaires. Les segments CAC Mid & Small à 186,7 milliards d’euros et CAC Mid 60 à 159,9 milliards en mars 2025 ne représentent qu’une fraction du tissu économique français. De nombreuses entreprises de taille intermédiaire restent non cotées en raison des coûts et de la complexité des processus d’introduction en bourse traditionnels.

La tokenisation pourrait abaisser les barrières à l’entrée pour ces entreprises, en réduisant les coûts d’émission, en simplifiant la tenue du registre d’actionnaires et en facilitant l’accès à un marché secondaire liquide. Le private equity tokenisé et le crowdfunding tokenisé offrent des canaux complémentaires pour ces entreprises.

Interopérabilité et Convergence des Infrastructures

L’interopérabilité des blockchains est un enjeu central pour la modernisation des infrastructures de marché. Les institutions financières françaises opèrent déjà sur de multiples blockchains : SG-FORGE utilise Ethereum, Tezos et Canton Network, BNP Paribas déploie AssetFoundry sur Ethereum et participe au Canton Network, et CACEIS conserve des fonds UCITS tokenisés sur Ethereum public.

Le projet Appia, lancé après les essais de l’Eurosystème 2024, vise à créer un European Shared Ledger interopérable intégrant wCBDC, monnaie commerciale tokenisée et instruments financiers tokenisés. Cette vision d’un registre partagé européen nécessitera une coordination étroite entre les infrastructures de marché comme Euronext, les dépositaires centraux comme Euroclear, les banques centrales et les plateformes blockchain.

Le projet Agorá de la BRI, entré en phase de test en janvier 2026 avec sept banques centrales et 41 firmes privées dont BNP Paribas, explore la tokenisation des paiements transfrontaliers via un registre unifié multi-devises. Les résultats de ce projet, attendus au premier semestre 2026, pourraient influencer la stratégie DLT d’Euronext pour les transactions transfrontalières.

Perspectives : La Modernisation Numérique d’Euronext

L’avenir d’Euronext dans la DLT dépend de plusieurs facteurs convergents. La maturité technologique des plateformes blockchain a atteint un niveau suffisant pour des opérations institutionnelles, comme le démontrent les essais de l’Eurosystème 2024. Le cadre réglementaire — ordonnance blockchain de 2017, Loi PACTE, MiCA, régime pilote DLT — offre la sécurité juridique nécessaire. La demande institutionnelle pour des instruments tokenisés se confirme avec l’engagement de SG-FORGE, BNP Paribas et le Crédit Agricole.

La wCBDC wholesale, dont la version initiale sera disponible pour les établissements bancaires d’ici fin 2026, constituera un catalyseur majeur en offrant un actif de règlement en monnaie de banque centrale sur DLT. L’euro numérique retail, avec une première émission potentielle en 2029, complètera l’écosystème des monnaies numériques.

Le potentiel de tokenisation du marché français est considérable : un marché obligataire de 5 600 milliards d’euros, un marché actions de plus de 3 000 milliards, un patrimoine immobilier de 26 170 milliards de dollars et des fonds monétaires déjà en cours de tokenisation. Euronext, avec sa position de bourse dominante en Europe continentale, est naturellement positionnée pour accompagner cette transformation tout en coexistant avec les plateformes blockchain natives qui servent les segments du marché les moins bien desservis par les infrastructures traditionnelles.


Pour approfondir, consultez nos articles sur le régime pilote DLT, les obligations tokenisées et l’infrastructure DLT en France. Contact : info@latokenisation.com

La France compte plus de 100 PSAN enregistrés auprès de l’AMF et 6 licences CASP MiCA délivrées, positionnant le pays comme leader européen de la réglementation des actifs numériques. Le marché obligataire français de 5 600 milliards d’euros, la plateforme DL3S de la Banque de France et l’EURCV de SG-FORGE à 452 millions de dollars de capitalisation constituent les piliers de cet écosystème institutionnel. L’ordonnance 2024-936 du 15 octobre 2024 a transposé MiCA en droit français avec une période transitoire de 18 mois s’achevant le 1er juillet 2026. L’écosystème fintech français de 1 145 entreprises et 14 licornes, soutenu par Bpifrance qui finance 45 pour cent du Web3 early-stage, continue de croître avec une adoption crypto de 10 pour cent de la population en 2024.

Euronext et la Dimension Souveraine de la Tokenisation

L’OAT verte 3,00 pour cent juin 2049, émise pour un montant record de 8 milliards d’euros en 2024 avec un encours total d’OAT vertes dépassant 35 milliards d’euros, illustre le potentiel de tokenisation des instruments souverains français sur les infrastructures d’Euronext. La dette publique française, à 113 pour cent du PIB avec un déficit de 5,8 pour cent en 2024, génère un flux d’émissions soutenu — 339,9 milliards d’euros en moyen-long terme en 2024 — qui alimente la demande d’innovation dans les processus d’émission et de distribution.

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